Laboratoire GEODE

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Alice OUVRIER

Doctorante

  • Courriel : alice.ouvrier[at]univ-tlse2.fr
  • Adresse : Bureau C231
    Maison de la Recherche de l'Université Jean Jaurès
    5, Allées A. Machado - 31058 TOULOUSE Cedex 9

 

THESE :

Titre : Pastoralisme et Ours dans les Pyrénées : vers une géographie humains/non-humains

Directrice de la thèse : Sylvie GUILLERME (CR GEODE UMR 5602 CNRS)
Co-directeur de la thèse : Ruppert VIMAL (CR GEODE UMR 5602 CNRS)

Contexte :

Les populations ursines pyrénéennes ont fait l’objet d’une attention particulière de l’État français. Avec les réintroductions d’Ours bruns (Ursus arctos) commencées en 1996, aujourd’hui, une soixantaine d’individus évoluent librement dans la chaîne pyrénéenne (Sentilles et al., 2019). Ces mesures exceptionnelles de conservation de l’espèce sont à l’origine de nombreuses contestations car les ours exercent une pression de prédation sur les troupeaux qui n’avait plus lieu dans certains territoires depuis plusieurs décennies. C’est l’élevage extensif ovin qui est le plus concerné par cette prédation. C’est donc autour du pastoralisme ovin que la relation entre le prédateur et les transhumants est la plus conflictuelle. Pour limiter l’impact de cette prédation sur le cheptel ovin, l’État français préconise l’utilisation de moyens de protection, appelés triptyque de protection : présence d’un berger, de chiens et de parcs de nuit. Mais leur efficacité relative, étudiée par les scientifiques (Gehring et al., 2010 ; Miller et al., 2016 ; Eklund et al., 2017), est remise en cause par les pastoraux qui soulignent que ces moyens ne sont pas systématiquement faciles à mettre en place et adaptés sur le terrain. Recommander ces moyens de protection sans prendre en compte la spécificité de chaque estive, renforce ainsi leur sentiment d’incompréhension. En outre, les interactions et relations entre les ours et les transhumants ne reposent pas seulement sur les prédations, mais impliquent aussi une tolérance et une modification majeure de la gestion des troupeaux par les acteurs du pastoralisme, dont certains en « subissent » les conséquences.


Objectifs :

C’est dans ce contexte que le projet « Pastoralisme et Ours dans les Pyrénées » se propose de saisir sur le terrain les interactions entre humains et non humains dans un territoire donné et selon une relation qui leur est spécifique. Ces interactions étant par définition interspécifiques, c’est-à-dire entre différentes espèces dont l’humain, leur étude dépend nécessairement de plusieurs champs de compétences, à la croisée entre géographie et écologie comportementale. Cette étude se base sur une échelle micro-locale, car chaque estive entretient une relation particulière avec l’ours. Cette singularité est basée notamment sur les caractéristiques propres à chaque estive, comme ses contraintes morpho-géologiques, les choix de gestion pour le pastoralisme, l’expérience et le vécu des membres du groupement pastoral et enfin la fréquentation et le comportement des ours.

En mettant en évidence la spécificité des interactions interspécifiques au sein de trois estives, il sera possible de justifier de la complexité dans la gestion des enjeux de cette coexistence. Et plus qu’un simple sujet de recherche, ce projet a pour vocation une démarche de recherche/action en étudiant activement la coexistence entre les ours et le pastoralisme. Il vise aussi à examiner les ressources pré-existantes favorisant le partage du territoire, comme les moyens de protection, en mettant en évidence leur efficacité et leur limite sur différents territoires. En révélant la complexité et la spécificité de la relation humain/non humain au sein de chaque estive, l’objectif est de construire des connaissances directement liées à un enjeu opérationnel.

Comme dans tout projet de recherche, les problématiques sont susceptibles de s’affiner et d’évoluer au cours des trois prochaines années. En revanche, dans la mesure du possible, les protocoles mis en place seront constants et répliqués entre les différentes estives. Cette stabilité permettra notamment d’étudier l’évolution temporelle à court et à moyen terme des interactions entre les ours et les transhumants et de comparer les différentes estives. Principalement, les questions se portent sur quatre axes :

- L’exploitation des estives par les acteurs du pastoralisme :

Quels sont les éléments pris en compte dans la gestion du troupeau ?

En particulier, comment la présence (présagée, ou ponctuellement avérée) de prédateurs influence les choix faits par le berger ou les éleveurs et quelles en sont les conséquences sur la qualité de la gestion du troupeau ?

- La fréquentation des estives par les ours :

Comment mesurer et représenter la fréquentation des estives par les ours ?

Comment appréhender le comportement des ours ?

- Les interactions entre les transhumants et les ours :

Quels sont les types d’interactions observés entre les ours, les humains, les brebis et s’ils sont présents, les chiens de protection ?

Comment les ours adaptent leur utilisation spatio-temporelle de l’estive et leur comportement, en lien avec la présence et la gestion du troupeau ?

Comment l’expérience propre à chaque berger ou éleveur façonne sa perception et connaissance de l’ours ainsi qu’une gestion adaptée du troupeau en contexte de prédation ?

Quelle place occupent ces interactions dans le quotidien des acteurs du pastoralisme ?


- L’évolution spatiale et temporelle des questions abordées dans ces trois axes :

Comment la fréquentation de l’estive par les ours et par les transhumants, ainsi que leurs interactions, évoluent-elles au cours d’une saison et d’une année sur l’autre ?

 

Pour répondre à nos problématiques de recherche, de nombreux outils sont à notre disposition sur les trois estives pyrénéennes étudiées :

- Réseau de pièges photographiques ;

- Étude ethnographique auprès des membres des groupements pastoraux (observation in situ et entretiens) ;

- Caméra nocturne thermique ;

- Données de prédations, d’indices de présence d’ours et de génétique de l’Office Français de la Biodiversité (OFB).

EXPÉRIENCES :

Juin à Décembre 2020 : Service Civique, Association Dissonances

Pastoralisme et Ours dans les Pyrénées


Mars à Mai 2020 : Service Civique, Biosphère Environnement

Suivis de populations de l’avifaune de l’estuaire de la Gironde


Janvier à Juin 2019 : Stage M2, CNRS-SETE

Personnalité de la Mésange charbonnière : lien avec l’environnement, la cognition et la compétence sociale


Avril à Juin 2018 : Stage M1, ISA Lille & INRA du Magneraud

Relation entre le trait de tempérament d’exploration et la mémoire de travail chez le poulet élevé en plein air

Volontariats :



CURSUS UNIVERSITAIRE :

2020-aujourd’hui : Thèse, CNRS GEODE-UT2J
2017-2019 : Master Ethologie et Ecologie, Université Jean Monnet (42)
2018 : DU BioAcoustic Winter School, ENES, Université Jean Monnet (42)
2015-2017 : Licence Biologie et Ecologie, Université Savoie-Mont Blanc (73)
2014-2015 : 1ère année de CPGE BCPST, Lycée Thiers (13)

Mots-clés : coexistence, biogéographie, interactions interspécifiques, relation humain non-humains